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La vigne est une plante qui, au fil des saisons, passe par plusieurs états et par divers stades de développement. Quels sont ces stades? Pourquoi certaines étapes sont-elles cruciales pour le vigneron? Comment évolue la vigne pendant un an?

Cet article vous emmène à la découverte de tous les changements que connaît la vigne au cours d’une année, pour percevoir quels sont les principaux enjeux du vigneron et comprendre pourquoi ces cycles annuels sont interdépendants les uns des autres. 

La vigne est une plante fascinante. A l’état sauvage, elle ressemble à une liane et peut atteindre jusqu’à 30 m de hauteur. La vigne c’est également une plante vivace et pérenne qui produit des fruits. Elle connaît donc deux cycles: un cycle végétatif et un cycle reproducteur. Les différents stades seront présentés ici dans l’ordre chronologique de leur apparition.

Les pleurs (février/mars)

Au moment où le sol se réchauffe, à la sortie de l’hiver, les pleurs sont le premier signe du réveil de la vigne. Ce phénomène peut se constater au niveau des plaies de taille, au bout des sarments taillés par le vigneron, car la sève recommence à s’écouler. On dit de manière imagée que la vigne pleure.

Le débourrement (mars/avril)

Les facteurs qui influencent la date du débourrement sont les suivants: 

  • la température au moment présent;
  • les températures cumulées;
  • la génétique puisqu’il existe des cépages plus précoces que d’autres;
  • la date de la taille. 

Le débourrement, c’est l’éclosion des bourgeons au printemps. Concrètement, le mini rameau présent dans le bourgeon commence à grossir et sort progressivement de ses poils épidermiques protecteurs. Il existe en fait deux sortes de bourgeons: le prompt bourgeon et le bourgeon latent ou dormant. 

Le prompt bourgeon se forme l’année même où il se développe. De manière générale, il donnera ce qu’on appelle des entre-coeurs (un rameau anticipé). 

Le bourgeon latent par contre, comme son nom l’indique, s’est formé l’année précédente. Il peut contenir les ébauches des grappes, des vrilles et des feuilles. La quantité de la récolte d’une année est donc en partie tributaire de l’année précédente puisque la future récolte est déjà présente sous forme de bourgeon latent. 

Un des dangers lors du débourrement, ce sont les gelées printanières qui pourraient tuer les bourgeons et donc réduire les rendements au moment de la récolte. 

Le développement des rameaux et des feuilles (avril-juillet)

La croissance est d’abord possible grâce aux réserves en glucide que la vigne a fait pendant l’hiver. Puis, une fois que les feuilles poussent, elles prennent le relais en enclenchant le processus de la photosynthèse. 

La floraison (mai/juin)

Les fleurs, qui deviendront par la suite des grappes si celles-ci sont pollinisées, apparaissent. Elles se situent à la base des rameaux et en opposition à la feuille. Le nombre de fleurs varient en fonction des conditions météorologiques mais aussi en fonction du cépage. 

Les fleurs sont les organes reproducteurs de la vigne. Elles sont composées de parties mâles et femelles, la fleur est donc hermaphrodite (c’est le cas de la plupart des variétés de Vitis Vinifera). Pour que la fleur devienne une baie de raisin, elle doit être pollinisée. A ce stade, la vigne a besoin de chaleur, de soleil et de peu de pluie car cette dernière pourrait perturber la pollinisation. 

La nouaison (juin)

La nouaison signifie que les fleurs, qui ont été fécondées, se transforment en baies de raisin. C’est une étape très importante car c’est à ce moment-là que le vigneron aura une idée plus précise du volume de la récolte.

A ce stade, plusieurs anomalies peuvent être constatées. 

Parmi celles-ci, il y a l’apyrénie corinthienne, il s’agit d’une absence de fécondation qui donne des raisins sans pépin. Attention toutefois que certaines espèces de raisins présentent cette apyrénie de façon génétique, le raisin de Corinthe, par exemple, utilisé pour la production de raisins secs.

Si la floraison et la fécondation n’ont pas été complètes, on constatera une disparité dans la dimension des grains des grappes. Cette anomalie est appelée le millerandage. Dans ce cas, certains raisins ne se développeront pas et resteront à leur état initial (petits, durs et de couleur verte).

Après la nouaison, s’ensuit la croissance des baies, une période qui dure environ 6 à 8 semaines. Durant cette période, les raisins restent de couleur verte et durs. 

La véraison (août)

Le terme véraison signifie que les baies de raisins changent de couleur. Un phénomène très intéressant se produit au niveau physiologique, un processus pendant lequel il va y avoir de plus en plus de sucre qui vont se concentrer dans les baies, le glucose étant présent grâce à la photosynthèse. 

A ce stade, on constate que la pellicule des raisins devient plus souple et qu’elle change de couleur. Pour les cépages rouges, la couleur devient rouge puis violette. Pour les cépages blancs, les baies deviennent translucides puis de couleur dorée. 

L’aoûtement (août)

L’aoûtement est une étape du cycle végétatif où les rameaux vont se lignifier, c’est-à-dire que les rameaux verts de la vigne brunissent. Ce phénomène préservera les branches du gel en hiver. Quand un rameau est aoûté, il change d’ailleurs de nom, on utilisera le terme de « sarment ». L’aoûtement ne se fait pas de manière simultanée sur tout le cep, il démarre d’abord à la base avant d’arriver sur les parties supérieures.  

La maturation et la maturité (août – septembre)

La maturation des baies de raisin est la période entre la véraison et les vendanges. Lors de cette étape, on constate que le taux de sucre dans chaque baie augmente et l’acidité diminue. Les pigments de couleur et les composés aromatiques s’accumulent également et les tanins se développent. 

Les raisins arrivent ensuite à maturité. C’est le vigneron qui détermine quand le raisin est à parfaite maturité pour fixer la date des vendanges.

Dormance ou repos végétatif (novembre – février)

Le dernier stade du cycle végétatif est la dormance ou repos végétatif. A l’arrivée de l’automne, les vignes perdent leur feuilles, ce qui annonce la fin du cycle végétatif et un repos bien mérité pour la vigne. C’est également à ce moment-là que la vigne fait ses réserves de glucides dans ses racines. 

Sachez néanmoins que sous certains climats, la vigne ne connaît parfois pas de repos végétatif!


En conclusion

Nous avons vu que le bourgeon latent fait que le potentiel de production, exprimé en nombre de grappes, est déjà « inscrit » dans les bourgeons en hiver. La vie de la vigne est donc une succession de cycles annuels qui sont interdépendants les uns des autres, les conditions de vie au cours d’un cycle ont en effet des influences sur le ou les cycles suivants. 

 

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